
« Le dimanche 26 août mil huit cent soixante-dix-sept, après les vêpres chantées dans l’église Notre Dame par le clergé de toute la ville et le sermon donné par Mr Arignon, chanoine honoraire, supérieur du petit séminaire de Montmorillon, Mr Gouineau Charles, archiprêtre de Montmorillon, a béni solennellement la nouvelle chapelle de la Sainte Vierge au milieu d’une communion de pieux fidèles. L’ancienne chapelle était un simple enfoncement de cinq à six mètres de largeur sur quatre mètres de hauteur sous une des grandes fenêtres de l’église, au mur latéral du midi. Les Amis de l’église Notre Dame de Montmorillon.
Le plan de la nouvelle chapelle dressé par Mr Boutaud, architecte à Poitiers, a été exécuté par Mr Jouillat, entrepreneur à Montmorillon. Les aumônes des fidèles de la paroisse et de quelques personnes de la paroisse de Saint Martial ont été les seules ressources recueillies et employées par moi, curé soussigné, pour cette nouvelle chapelle destinée à recevoir sur un trône spécialement sculpté, la statue vénérée de N. D. de Montmorillon. Ce trône ou console en pierre sculptée a été payée par la Fabrique de la paroisse de Notre Dame avec une somme d’argent reçue des héritiers de Monsieur Joseph Brouillard, curé de Notre Dame, mon prédécesseur immédiat, et laissée par ce vénérable ecclésiastique pour l’église Notre Dame. L’autel en marbre a été payé deux mille francs par une personne de la paroisse qui a exigé le secret et n’a voulu être connue que de Dieu et de la Sainte Vierge. C’est avec sa permission et selon ses désirs que le bas-relief principal représente le fait du rosaire donné à Saint Dominique par la Très Sainte
Vierge, tandis que du côté de l’épitre sont les armes de l’Œuvre Ouvrière Catholique, mise dès le huit septembre mil huit cent soixante-douze sous le patronage de Notre Dame de Montmorillon, et du côté de l’évangile les armes de la ville de Montmorillon surmontées du chiffre de Marie pour indiquer la royauté et le patronage de Marie sur toute la ville.
Le vitrail de la rosace représente la célèbre procession du mardi de la Pentecôte. C’est la fête religieuse de toute la ville. Chaque année en ce grand jour de fête, la statue vénérée de Notre Dame de Montmorillon est portée en triomphe dans les rues de la ville avec un concours innombrable de pieux fidèles et avec l’assistance de tout le clergé de la ville et du séminaire, des autorités et de tous les cortèges religieux et civils. Parmi les faits de haute protection de Marie sur la ville ou cité, et la chose est représentée dans un vitrail en rosace dans l’église Saint Martial de Montmorillon, la préservation d’une grande partie de la ville d’une grande inondation qui allait détruire le vieux pont, unique à cette époque, et envahir la ville basse, lorsque tout danger fut écarté à l’arrivée de la statue vénérée descendue processionnellement sur le vieux pont. Le vitrail de la rosace qui domine le trône de la statue vénérée dans la nouvelle chapelle a été donné, ainsi qu’une grande partie de la table de communion entourant la chapelle, par les époux Prat-Auclair habitant la paroisse. Les vitraux des deux fenêtres de la chapelle représentent les quinze mystères du rosaire et les armes de la donatrice, Madame veuve Louis de la Biche, née Esther de Taveau.La statue vénérée de Notre Dame a été placée sur le trône qui lui a été préparé le samedi vingt-cinq août à quatre heures et le carillon joyeux a accompagné le Salve Regina offert à Marie par le clergé et les fidèles, comme première prière en sa nouvelle chapelle. La première messe dans la nouvelle chapelle a été dite le lundi vingt-sept août en présence de nombreux fidèles par Monsieur Victor Chabant, curé de la paroisse, soussigné. V. Chabant
Note : C’est avec l’autorisation de l’architecte, Mr Bouault, désigné par le conseil municipal pour veiller à ce que les travaux de la nouvelle chapelle ne nuisent pas à la solidité du mur de l’église, que Mr le curé a fait ouvrir le mur pour l’élévation désirée de la chapelle. Deux poutrelles de fer liées par des boulons ont été encastrées dans les murs et, sous ces poutrelles, on a construit une arcade en pierre pour soutenir la partie supérieure du mur. Cette arcade en pierres dures mesurant chacune un mètre quarante, comme l’épaisseur du mur de l’église, est la meilleure garantie de solidité… »



Les vitraux des deux fenêtres de la chapelle, représentant les quinze mystères du rosaire, ont été offerts par Madame veuve Louis de la Biche. Les armoiries de cette famille comportent habituellement uniquement une biche, mais sur le vitrail inférieur gauche, une marguerite a été ajoutée en hommage à leur fille unique, décédée en bas âge. On retrouve également cette fillette, vêtue de rouge, dans la rosace représentant la procession.




