Les Affiches du Poitou ont conservé le récit du comte de Moussy, témoin oculaire, qui le raconte ainsi. « Le froid, dit-il, commença à se faire sentir très vivement à la fin de novembre 1788, et fut si excessif que la Gartempe fut entièrement congelée. Les chênes les plus gros furent fendus et les vignes détruites » La glace et Ia neige rendaient tous les chemins impraticables. Au 31 décembre, le thermomètre marquait 17 degrés l/2. L’épaisseur des glaces était de 20 à 25 pouces en moyenne. La débâcle commença le 14 janvier 1789. Grossie par la fonte des neiges, Ia Gartempe fit effort pour soulever les glaces qui la recouvraient dans sa traversée de Montmorillon. Elle ne put y parvenir ; alors les glaçons qu’elle charriait s’amoncelèrent et vinrent butter aux piles du pont dont ils obstruèrent les arches. À ce spectacle effrayant la population consternée, redoutant la destruction non seulement du pont, mais encore de toute Ia partie de la ville basse que les eaux envahissaient et dont les maisons étaient battues par des glaçons de 20 pieds de longueur sur trois ou 4 pieds d’épaisseur, leva les yeux vers Notre-Dame, et aussitôt, pleurant et priant, elle s’empare de la statue vénérée, et dans une ruée de foi, de confiance et de piété, la transporte sur le pont. À peine y est-elle parvenue que les glaces chaotiques de la rivière s’ébranlent avec un fracas formidable et s’écoulent sous les arcades sans causer le moindre dommage. » (Histoire de Montmorillon – Léopold LIEGE – 1916)

Depuis cette date, chaque mardi de pentecôte, une procession solennelle rappelait le souvenir de ce qui avait été considéré comme un miracle.
La procession sortait de Notre Dame vers huit heures, faisait le tour de la ville sur un parcours décoré par les habitants et rentrait vers 11 heures.
Durant ce parcours, un couronnement de la statue était effectué douze fois sur la paroisse Notre Dame et Douze fois sur la paroisse Saint Martial : la statue était déposée sur une table décorée, et des enfants changeaient les couronnes de fleurs sur les têtes de la vierge et de l’enfant.
Abandonnée à la fin des années soixante, elle a été remise au goût du jour en 2016. Elle part de l’église Notre Dame pour un arrêt sur le Vieux pont, puis retourne à l’église.

« L’antique statue de la Vierge fut brûlée eu juin 1793, mais grâce à l’intrépidité d’un chrétien fervent, nommé Berthon, dit Papuchon, charpentier, Ia tête put être sauvée des flammes, conservée en lieu sûr pendant la période révolutionnaire et rendue à la paroisse lorsque, en 1802, le concordat conclu par le pape Pie VII avec Napoléon Ier permit Ia réouverture des églises et le rétablissement du culte. » (Histoire de Montmorillon – Léopold LIEGE – 1916)
L’actuelle statue a été effectivement reconstituée à partir des éléments restants.
En lire plus
Vous trouverez plus d’information historique ainsi que des visuels sur les sites web suivants :
Vienne Gartempe – Les voyages 2015
https://www.vienneetgartempe.fr/wp-content/uploads/2018/04/les-voyages-v2015.pdf
La Nouvelle République – Procession de Pentecôte à Montmorillon
https://www.lanouvellerepublique.fr/montmorillon/procession-de-pentecote-piete-exces-proces