Suite à la visite de l’église Notre Dame du 6 juin 2025.

Ces traces d’humidité sur les murs, résultant du non entretien annuel obligatoire des couvertures, chéneaux et gouttières, les entassements des chaises sans précaution, les portions de revêtements de murs et colonnes qui sont soit décollés, soit gisent sur le sol, donnent une impression de total et triste abandon depuis cette fermeture qui dure déjà depuis 7 années… Le simple nettoyage prévu par la mairie après réception des travaux, pour une réouverture de l’église, ne permettra en aucun cas de la rendre au culte et aux visiteurs. De lourds travaux seront nécessaires, sur la base de l’étude diagnostic global préalable à la restauration et à la remise en valeur de l’édifice. Cette étude ne peut pas être actuellement réalisée, ne serait-ce que parce que l’église est actuellement complètement encombrée par les batteries d’étais qui empêchent d’en percevoir l’état comme le volume.


Des interrogations…

Les différents échanges entre les participants à cette visite ont permis d’apporter des précisions supplémentaires sur les interrogations soulevées par nos membres concernant les décisions relatives aux travaux réalisés ou non depuis 2017.

À l’origine, l’opération prévoyait des travaux extérieurs d’assainissement visant à réduire les infiltrations d’eau souterraine dans la crypte Sainte-Catherine, située sous le chœur et ornée de magnifiques peintures médiévales. Ces travaux ont débuté en décembre 2017 pour une durée initiale estimée à dix mois. Leur localisation concernait principalement le mur nord de la nef et le chevet.

Cette première tranche d’assainissement était jugée indispensable avant toute restauration de la crypte et de ses décors. Elle devait inclure la création d’un drainage périphérique, nécessitant un décaissement important en façade nord, tout en étant accompagnée d’un suivi archéologique. Parallèlement, une étude climatique devait être réalisée pour mieux comprendre l’impact de l’humidité sur le site.

La faute au « fontis » ?

Officiellement, les travaux extérieurs d’assainissement de l’église Notre-Dame, entamés en février 2018, ont été interrompus le 8 juin 2018, « suite à la découverte d’un fontis lors des fouilles archéologiques et de la création d’une tranchée ventilée de drainage du mur nord de l’église ». En réalité, cette interruption est due à l’absence de protection de la tranchée contre les eaux de pluie et de ruissellement, ce qui a provoqué le « débouchage » d’une des nombreuses cavités du sous-sol rocheux sur lequel l’église a été édifiée.

Lors des fortes pluies du 5 juin 2018, les eaux des toitures, par les tuyaux de descente laissés libres, se sont directement déversées dans la tranchée, rejointes par celles de la place. La tranchée s’est entièrement remplie, et l’eau a pénétré dans l’église entre les jointures des dalles du sol — certaines se sont affaissées — ainsi que par la porte du transept nord, menaçant d’atteindre la crypte que les travaux visaient justement à protéger. C’est le volume d’eau accumulé, par son poids, qui a provoqué le débouchage de la cavité existante sous une couche de matériaux naturels, partiellement dégagée lors des travaux de décaissement et des fouilles.

Une étude confirme ce mécanisme : « Origine des fontis semblant liée à la suite des travaux de terrassement après des épisodes orageux, par un débourrage des fines au sein d’une poche de sables dolomitiques décomprimés » (BMI, Dossier N°19-050). Ainsi, la responsabilité revient à l’absence de protection de la tranchée contre les eaux de pluie et de ruissellement.

Lors de la première présentation des travaux en cours et à venir à l’espace Gartempe, le nouveau maire de Montmorillon a expliqué, comme son prédécesseur, qu’il ne souhaitait pas déposer plainte contre X pour cette omission, malgré le coût important des travaux supplémentaires que la situation imposait. Le dépôt d’une plainte aurait en effet retardé de plusieurs années la consolidation du mur nord.

Entre le 8 juin 2018 et fin juillet 2019, date du début de l’étaiement des voûtes, aucune étude de stabilité du mur nord n’a été réalisée via des appareils de mesure permettant de déterminer si le débouchage de la cavité avait affecté la structure. Dans son avant-projet de juin 2020, l’Architecte en chef des Monuments Historiques précise que les fondations de l’église ne semblent pas avoir subi de désordre. Les fissures verticales à l’angle nord-ouest de la nef et sur le pignon ouest sont anciennes et antérieures à la découverte du fontis (Société BETOM : Avant-projet de consolidation des sols). Les jauges installées en septembre 2019 n’ont montré qu’une ouverture minimale, inférieure ou égale à un millimètre, insuffisante pour déterminer son origine.

Selon le représentant des services techniques de la mairie, l’étaiement des voûtes a été réalisé à titre préventif, bien qu’aucune modification apparente du mur nord et de ses fondations n’ait été constatée. Dans ce contexte, et en l’absence de preuves de risques d’effondrement localisé ou généralisé, il est légitime de s’interroger : était-il nécessaire d’invoquer un principe de précaution pour justifier un tel étaiement ?

Micropieux : conformes ou non conformes ?


Un nouvel avant-projet définitif de mai 2023 reprend les travaux de consolidation du mur nord de la nef, enrichi par la stabilisation des sols et le comblement des cavités. Ces cavités ont été remplies par injection de coulis de ciment en 2024. La consolidation définitive du mur nord devait être réalisée en sous-œuvre, par la création de longrines en béton armé, mises en place de part et d’autre du mur et au niveau des fondations, c’est-à-dire sous le dallage de la nef. Ces travaux étaient jugés indispensables en raison de la présence d’un sol d’assise instable et parsemé de cavités qui, même comblées, ne pouvaient garantir la stabilité suffisante du mur.

Les longrines devaient être mises en œuvre par passes successives et reliées entre elles par des agrafes de connexion, assurant la cohésion structurelle du pied du mur. Les massifs seraient fondés sur des micropieux traversant la zone défectueuse, garantissant ainsi la stabilité globale du mur. Des travaux complémentaires de régénération des maçonneries par coulinage et de remaillage des fissures traversantes devaient également être réalisés. Ces interventions permettraient de libérer la nef des étaiements en bois et des consolidations provisoires. Les micropieux ont été réalisés en juillet 2024 par la société SEFI INTRAFOR.

Lors d’un entretien le 27 septembre 2024, le maire de Montmorillon nous a informés de l’arrêt des opérations de restauration de l’église Notre-Dame, invoquant des problèmes de non-conformité des travaux réalisés par SEFI INTRAFOR dans le cadre de la consolidation du mur nord. Cependant, il a refusé de préciser en quoi consistait cette non-conformité, de répondre sur la nature exacte des travaux contestés, sur les réponses de l’entreprise aux questions des maîtres d’ouvrage et d’œuvre, et sur les conséquences éventuelles sur la stabilité du mur reposant sur les longrines et micropieux.

Le 6 juin 2025, lors d’une visite de l’église, M. Jean-Pierre TESTE, des services techniques de la mairie, a précisé que les micropieux réalisés n’étaient pas de type IV, comme prévu dans le cahier des charges. Il a montré un micropieu et indiqué que chacun des quatre devait être équipé en son centre d’un tube métallique avec fentes pour assurer le remplissage parfait du coulis de ciment, et non d’un « tuyau plastique » comme celui observé.

Or, ce « tuyau plastique » correspond à un tube à manchette. Un micropieu est un pieu foré de diamètre ≤ 300 mm, équipé d’armatures et d’un dispositif d’injection, souvent un tube à manchettes, inséré dans un coulis de gaine. L’injection du coulis se fait manchette par manchette, sous une pression supérieure ou égale à la pression limite du sol, sans dépasser 4 MPa. Ainsi, l’utilisation d’un tube PVC à manchettes, lorsque l’armature métallique n’est pas équipée de manchettes, est conforme aux pratiques et il est difficile de considérer cela comme une non-conformité.

Par ailleurs, l’avant-projet de mai 2023 prévoyait la mise en œuvre de micropieux de type III, conformément aux préconisations du BRGM et de la société BMI, reprises dans le Cahier des Clauses Particulières contractuel. Sur la base des documents accessibles, il est donc difficile de reprocher à SEFI INTRAFOR de ne pas avoir réalisé des micropieux de type IV.

Reste à s’interroger : pourquoi la commune de Montmorillon, en tant que maître d’ouvrage, a-t-elle attendu 11 mois avant de réunir toutes les parties prenantes ? Et quels ont été les résultats de cette réunion tenue fin juin 2025 ?

Un assainissement pérenne ?

À l’origine, l’opération visait à réaliser des travaux extérieurs d’assainissement pour réduire les apports d’eau souterrains dans la crypte Sainte-Catherine, située sous le chœur et ornée de magnifiques peintures médiévales.

Avant toute restauration de la crypte et de ses décors, une première campagne d’assainissement était indispensable. Cette première tranche incluait notamment la création d’un drainage périphérique, nécessitant un décaissement important en façade nord. Démarrée en décembre 2017, cette opération était initialement prévue pour une durée de dix mois. Le projet d’assainissement originel du mur nord prévoyait la réalisation d’une tranchée enterrée et ventilée.

Le nouveau projet propose désormais de remblayer la fouille et de mettre en place un système de drainage au pied du mur, associé à une imperméabilisation de surface le long de la façade nord, afin de limiter les infiltrations d’eau de pluie favorisant le phénomène de fontis. Les eaux ainsi collectées seraient dirigées vers un exutoire.

Cependant, si l’objectif est de réduire de manière efficace et surtout durable les apports d’eau provenant de cette façade nord, il convient de s’interroger sur la pertinence de l’utilisation de tuyaux PVC pour le drainage, compte tenu des risques connus de colmatage qui pourraient compromettre leur efficacité à moyen ou long terme.

Au vu du coût total de l’opération, entamée en décembre 2017, il apparaît donc impératif que l’assainissement du mur nord soit réalisé selon les règles de l’art et de manière pérenne, afin d’assurer la protection durable de la crypte et de ses précieux décors.

La statue sortirait du placard pour les grandes fêtes mariales…


Conformément à la décision prise lors de l’Assemblée générale du 15 mai 2025, nous avons adressé un courrier à Monseigneur Jérôme BEAU, nouvel Archevêque de Poitiers, pour lui soumettre la demande suivante : que la statue de la Vierge « dite miraculeuse » de l’église Notre-Dame soit hébergée temporairement dans l’église Saint-Martial de Montmorillon, où elle pourrait rester visible, jusqu’à ce qu’elle puisse retrouver sa chapelle d’origine dans l’église Notre-Dame, à laquelle elle est patrimonialement liée.

Nous avions estimé que ce qui avait été possible pour la statue de Notre-Dame des Clés de l’église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers pouvait également s’appliquer à la statue de l’église Notre-Dame de Montmorillon. En effet, le dimanche 8 septembre 2024, la statue de Notre-Dame des Clés a été transportée en procession de l’église Notre-Dame-la-Grande vers la cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul, qui l’héberge temporairement, en raison des importants travaux ayant contraint à fermer son lieu habituel de résidence.

Le 24 juin 2025, nous avons reçu la réponse de Monseigneur Jérôme BEAU, qui autorise l’exposition de la statue uniquement lors des grandes fêtes mariales.

Elle nous a été ainsi confirmée le 3 juillet 2025 par l’assistante de Direction du Secrétariat épiscopal de de Mgr Beau :

« Mr Jérôme Beau a pris connaissance de votre courrier en date du 21 mai 2025.
Il me charge de vous informer qu’il est d’accord pour que la statue de la Vierge soit exposée lors des grandes fêtes mariales. »

Le 3 juillet 2025, Nous avons demandé à Monsieur l’Abbé Auguste O.J. SAMBOU de bien vouloir nous accorder un entretien pour nous faire part des dates qui pourraient être retenues et des mesures à mettre en œuvre pour la bonne exposition de cette statue dans l’église Saint Martial à ces occasions.