
Travaux d’assainissement suspendus
« L’opération prévue à l’origine concernait la réalisation de travaux extérieurs d’assainissement ayant pour objectif de réduire les apports d’eau souterrains dans la crypte Sainte Catherine située sous le chœur et ornée de belles peintures médiévales. L’opération a démarré en décembre 2017 pour une durée globale de 10 mois. La localisation des travaux se partageait entre le mur Nord de la nef et le chevet. »
Cette première tranche de travaux pour l’assainissement était considérée comme nécessaire avant la restauration même de la crypte et de ses décors. Elle devait comprendre la réalisation d’un drainage périphérique, nécessitant des travaux de décaissement conséquents en façade nord, accompagné d’un suivi archéologique. Une étude climatique devait être réalisée en parallèle.
Officiellement, les travaux extérieurs d’assainissement démarrés en février 2018 ont été interrompus depuis le 8 juin 2018, « suite à la découverte d’un fontis lors de la réalisation des fouilles archéologiques et de la réalisation d’une tranchée ventilée de drainage du mur nord de l’église Notre-Dame ». En réalité, c’est l’absence de protection de la tranchée des fouilles, contre les risques de son remplissage par des eaux de pluies et de ruissellement, qui est à l’origine du « débouchage » d’une des nombreuses cavités du sous-sol rocheux sur lequel l’église a été
construite.
Interdite depuis le 7 juin 2018 !



Jusqu’à quand ?
Lors des fortes pluies du 5 juin 2018, la tranchée a été totalement remplie. L’eau a pénétré dans l’église entre les jointures des dalles du sol dont certaines se sont affaissées, ainsi que par la porte du transept nord, jusqu’à menacer de descendre vers la crypte, que les travaux en cours avaient pour objet de protéger de l’apport d’eau extérieur…
C’est le volume d’eau stocké qui, par son poids a « débouché » la cavité déjà existante sous une couche de matériaux naturels, qui n’avait pas été totalement dégagée lors des travaux de décaissement et/ou de fouilles. C’est ce que confirme l’une des études réalisées : « Origine des fontis semblant « être liée à la suite des travaux de terrassement après des épisodes orageux par un débourrage des fines au sein d’une poche de sables dolomitiques décomprimés » (BMI, Dossier N°19-050) La faute en revient donc à l’absence de mise en place de protection de la tranchée contre
les eaux de pluie et de ruissellement.
De juillet 2019 à décembre 2019, ont été mis en place des étaiements des voûtes sur croisée d’ogive des quatre travées de la nef.
Le nouvel avant-projet de 2020 a défini la nécessité d’études complémentaires avant de procéder aux travaux de consolidation de ce mur Nord de la nef. Après la recherche de cavité par réflectométrie radar, après une étude géologique de reconnaissance de sol, après une auscultation géo radar, des investigations complémentaires ont été menées : une étude micro gravimétrique pour la détection des cavités, une étude de détermination des caractéristiques géométriques et structurelles des cavités détectées, une analyse des résultats de ces deux études et la mise en forme de la méthodologie de mise en œuvre des comblements des cavités, la finalisation de l’étude géotechnique afin de préciser le dimensionnement et la méthodologie de mise en œuvre de micropieux.
Le comblement des cavités a été réalisé au cours du deuxième trimestre 2024.
Les micropieux ont été réalisés en juillet 2024.
Les travaux ont été immédiatement arrêtés sur la base d’un constat de non-conformité des micropieux par l’Architecte en chef des monuments historiques et repris par la Mairie de Montmorillon. Mais, depuis cet arrêt des travaux, la supposée « non-conformité » des micropieux n’est
toujours pas démontrée… et les travaux ne reprennent donc pas ! Il reste donc, pour le moins, à réaliser la consolidation définitive du mur nord de la nef en sous-œuvre des fondations existantes du mur Nord de la nef, qui devait consister en la création de longrines en béton armé, mises en œuvre de part et d’autre du mur et au niveau des fondations, sous le niveau du sol de la nef. Les longrines devaient être reliées entre elles par des agrafes de connexion pour assurer une cohésion structurelle en pied de mur, et reposer sur des micropieux pour garantir au mur la stabilité nécessaire. Les maçonneries devaient être ensuite renforcées par injection de coulis et les fissures traversantes seront remaillées.
Ces travaux sont considérés comme indispensables du fait de la présence d’un sol d’assise instable et parsemé de cavités qui, même comblées, ne pourraient assurer une stabilité suffisante au mur.
